Marie Houdin

Chorégraphe et danseuse

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Chorégraphe-Danseuse-passeuse de danse

Marie Houdin est danseuse et chorégraphe au sein d’Engrenage{s} depuis 2004, à l’origine spécialisée dans des formes de danses de club afro-américaines dites « funkstyle » : locking et Electric Boogaloo, waacking et de danses « footworking » telles que la House Dance et le Top Rocking, qu’elle a notamment acquises auprès de danseurs pionniers ou référents de ces techniques, des USA ou d’Europe, comme Greg Campbellock Jr, les membres des Electric Boogaloos, Brian Green, Ejoe, Storm, Wallid… Elle développe une démarche à la fois artistique, chorégraphique et pédagogique alimentée par la recherche et des voyages de recherche. Elle est basée à Rennes, en France. Entre 2004 et 2010 elle co chorégraphie avec Franco Guizonne cinq spectacles, une conférence dansée, et un bal funk – “I Feel Good” (toujours en tournée) – autour des danses Funkstyle, de leurs influences et de leur histoire. Pour elle le funk n’est pas qu’une musique. On est funky (où on le devient), on rend les choses funky, on prend la vie de manière funky. En 2010 elle signe sa première création en son seul nom : “Roots”.

Depuis 2012, elle est à la co-direction et coordination artistique du festival “Le Funk prend les Rennes”, porté par Engrenage {s} et des partenaires, et qui inonde la ville de concert, performances, soirées, spectacles, conférences, workshops, block party.. tous les deux ans. Un festival dédié au Funk, à ce qui l’à influencé et ce qu il influence.

A partir de là, depuis 2013, elle s’intéresse aux liens qui circulent entre les danses issues de la Diaspora Africaine et aux singularités qui les définissent, notamment au patrimoine de danses créolisées qui sont nées dans la Caraïbe et aux Amériques, dont font partie les danses afro-américaines, rassemblées sous le terme « hip-hop » en France, et qui sont aujourd’hui devenues universelles. Cette approche l’amène à placer la dimension sociale de la danse au cœur de l’acte créatif et à développer des projets et une écriture chorégraphique qui reflète cette démarche. Elle s’intéresse également à ce que les danses sociales gardent (ou non) de traditionnel en elles. Et ainsi, ce que les communautés qui les créent décident (consciemment ou non) de transmettre et de réinventer à travers elles.

Son parcours autodidacte est ponctué de rencontres marquantes avec des chorégraphes et/ou des techniques de danses. Certaines d’entre elles influencent directement son travail aujourd’hui : la technique Acogny créée et développée par Germaine Acogny (École des sables-Toubab Dialaw-Sénégal), et la technique Dunham, créée et développée par Katherine Dunham (Katherine Dunham Centers For Arts and Humanities – St Louis- USA).

Entre 2004 et 2014, elle a chorégraphié une dizaine de spectacles pour la scène et la rue, et dansé dans une quinzaine, dont certains sont encore en tournée, avant de se consacrer replacer la danse dans l’espace public en 2014, avec la création de « Red Line Crossers » (encore en tournée), co produit par le festival des “Tombées de la Nuit”, qui marquera un tournant dans sa carrière et sa rencontre déterminante avec les cultures des Second Lines de la Nouvelle-Orléans. Dès lors, elle reformule sa démarche qu’elle baptiste « The Unexpected Dance ». Elle affirme ainsi une démarche de recherche et commence à formuler une analyse des danses issues de la Diaspora Africaine. Elle ré-axe sa formation, et s’intéresse particulièrement aux techniques Acogny, à l’école des sables au Sénégal, et Dunham (de St Louis, Missouri USA) à Paris, tout en poursuivant sa formation dans des formes de danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et de la Caraïbe.

En 2015, Boris Charmatz, à la direction du Musée de la Danse de Rennes jusqu en Décembre 2018, demande aux chorégraphes d’Engrenage(s) d extraire de leur bal funk le moment fort du “Soul Train” et de créer un concept XXL qui invite tout le monde à danser. C’est la naissance du “Soul Train Géant”que Marie Houdin amènera à voyager avec les éditions de Fous de Danse de Berlin, de Paris, de Rennes et de Brest, en 2015, 2016, 2017 et 2018. En lien à l’édition Parisienne de 2017, Marie Houdin intervient au CND de Pantin à plusieurs reprises dans le cadre de “Danses Partagées”, autour de ce concept.

Le lien avec les “Tombées de la Nuit” et autour des cultures de la Nouvelle Orléans l’amène quand à lui à co-imaginer et co-dévelloper, toujours au sein d’Engrenage{s}, une invitation géante à la danse, d’une autre forme, celle d’une Second-Line (ou de plusieurs), et qui a eu lieu en 2016 et 2017 dans les rues de Rennes, sous le nom de “Parade”.

2019 marque un tournant dans sa carrière :

-Elle suit une formation professionnelle et internationale intensive à la technique Acogny, à l’école des sables, au Sénégal.

-Elle crée à l’occasion du festival 2018 des “Accroches-Coeurs”, le « Bal du « Tout-Monde », dont le titre est une référence au poète Martiniquais Edouard Glissant, où 4 danseurs et 1 dj invitent le public à s’enjailler et à voyager à travers un éventail de danses sociales et traditionnelles d’Afrique de l’Ouest, de la Caraïbe et des USA, dans l’espace public. Ce spectacle à danser à été co-produit par le Très Tôt Théâtre, scène conventionnée jeune public (Quimper), Les Renc’Arts Hip Hop (Brest), Les Tombées de la Nuit (Rennes), le Musée de la Danse / CCNRB (Rennes), Centre culturel l’Hermine (Sarzeau), MJC de Pacé, le dancing d’Ocus (St-Germain-sur-Ille), la Tour d’Auvergne (Rennes).

-Elle amorce la création de « Unexpected », un solo dansé en dialogue avec un musicien live au cœur d’un cercle de spectateur, dans l’espace public, qui verra le jour le 15 Juin 2020, à Rennes, co-produit et/ou soutenu par le Musée de la Danse/CCNRB (Rennes), l’Ecole des Sables (Sénégal), Le Triangle-scène conventionnée danse (Rennes), le C.C de l’Hermine (Sarzeau) et la Ville de Rennes via le dispositif Guy Ropartz (production encore en cours)

-Elle monte 3 voyages de collectes et de recherches chorégraphiques, entre Novembre 2018 et Avril 2019, à Cuba, au Sénégal et à la Nouvelle Orléans, qui sont soutenu par l’Institut Français. Ces 3 premiers voyages vont lui permettre d’amorcer un projet sur plusieurs années de collecte de danses sociales et traditionnelles, qui sera mise à disposition du public via internet, de création en dialogue entre les continents, et de documentaire.

Ces volets s’alimentent les uns des autres et reflètent la démarche artistique de Marie Houdin aujourd’hui. Une démarche artistique qu elle appelle “The Unexpected Dance”.

« En rencontrant le hip hop en 1999, j’ai été happée par une culture au sein de laquelle je pouvais être ce que je voulais devenir et imaginer. Une terre sans frontières où tu dois te créer ton espace. Une terre où je pouvais me réinventer. Pourtant je ne semblais pas rentrer dans les cadres. Inexplicablement, c’est au plus profond de moi que l’adoption s’est créée, j’ai longtemps persévéré seule dans ma pratique et ma façon de fonctionner. Mon identité est un puzzle, faite de pièce rapportées, inventées, rejetées ; elle est en perpétuelle évolution. Mon identité est hip hop dans son métissage, sa personnalisation, son adaptation et mon langage est dansé ; une danse où je peux tout mettre et tout enlever, un langage à la fois personnel et universel. Dès lors, ma démarche est un bouquet où je compose et tente de réinventer des univers qui questionnent, qui rassemblent, qui émeuvent et font rêver ou frissonner. Le temps d’un spectacle, le monde peut changer d’aspect, le temps se distordre, et les mots ne plus avoir de sens. A ce moment là, le spectateur à une liberté qu’il n’a nulle part ailleurs, celle d’interpréter un mouvement qui semblera ne plus exister la seconde suivante mais qui aura résonné en lui et lui appartiendra désormais. »